Point de vue littérature et cinéma

L’expression « point de vue » au cinéma peut prendre un sens plus concret, plus réel qu’en littérature : c’est la localisation de la caméra.

Notre perception quotidienne de la réalité nous donne une idée préalable de la représentation par l’image. Nous nous attendons à une perspective classique qui respecte les lignes horizontales et verticales.

Vision

Selon cette norme,

Lorsque nous regardons vers le bas (regard en plongée), c’est pour voir dans notre champ de vision le sol ou, c’est que nous sommes en hauteur (fenêtre ou balcon en étage…)

Lorsque nous regardons vers le haut (regard en contreplongée), c’est pour voir les montagnes, le toit d’un immeuble, etc. 

Les angles de prise de vue peuvent servir l’intrigue.

La caméra est dirigée vers le bas : la plongée.
– L’œil du spectateur domine l’objet (ou le personnage) filmé et crée des impressions diverses : écrasement, fragilité, poids de la fatalité…

La caméra est dirigée vers le haut : la contre-plongée.
-L’objet filmé en contre-plongée apparaît grandi. Il gagne en supériorité.

La narration

Un des intérêts du roman est d’explorer l’intériorité d’un personnage, de connaître ses pensées.
Mais la vision/narration à travers une caméra (externe) ne condamne pas le cinéma à une approche externe des personnages , il possède des points de vue narratifs variés similaires au récit littéraire.

Le point de vue omniscient

Le narrateur connaît les pensées de tous les personnages (ici, le père, la mère, Amélie). Il peut bouger dans l’espace et dans le temps.
La narration ressemble à celle d’un roman avec un narrateur utilisant la troisième personne (elle, ils…)
Les pensées des personnages peuvent être révélées par une voix-off ou grâce aux images (nuages…)

Début d’Amélie Poulain 1’30

Caméra subjective

Elle nous montre la scène vue à travers les yeux du personnage. Ce qui permet une très bonne identification au personnage, mais à condition qu’on sache qui il est. Si un film était uniquement tourné en plan subjectif, on aurait du mal à savoir qui il voit.
De ce fait, le personnage doit être vu regardant avant ou après le plan subjectif.

Ex : Fenêtre sur cour

Le point de vue interne

On peut parler de point de vue interne même quand la caméra n’est pas subjective.
On voit ce que voit le personnage, puis on voit le personnage réagir à ce qu’il voit, etc.
On peut voir des images de ses pensées, de ses souvenirs.
On n’a connaissance que des événements que le personnage perçoit ou connaît.
Le personnage peut raconter son histoire à la première personne, en voix off.

Ce n’est pas l’exemple le plus clair mais vous pouvez comparer avec le début du film Amélie Poulain, ici c’est le personnage principal du film qui raconte sa propre histoire.

Spécificité du cinéma

Pour raconter, on peut se rapprocher du roman par l’emploi d’une voix off.

Cependant, le plus souvent,  l’histoire semble simplement se dérouler sous nos yeux.
Toutefois, ce qui se montre à nos yeux, dans tout film, est bien organisé. 
Un narrateur invisible organise les images : un passage du flou au net, un changement d’échelle, l’usage de la contre-plongée sont révélateurs…