Le roi des Aulnes

Le roi des Aulnes est un lied composé par Schubert en 1815. Une unique voix chante tous les personnages sur un texte original de Goethe, en Allemand, écrit en 1782.

C’est la double interprétation qui rend ce texte particulièrement intéressant et fait de lui un texte fantastique. On peut pencher vers une explication surnaturelle des faits : les paroles de l’enfant sont vraies et l’existence du roi des Aulnes l’est également. L’effet de son existence supposée est tristement réel à la fin du texte. Mais on peut aussi facilement avoir une interprétation rationnelle : l’enfant est si malade qu’il souffre d’hallucinations et cette maladie l’emporte à la fin de texte. Je passe sur l’interprétation psychologique mais elle peut bien sûr se greffer sur les interprétations précédentes.

Voici une autre version où vous n’entendez que l’accompagnement du piano. Vous pouvez l’utiliser en fond lors de votre passage en récitation mais, je vous rappelle qu’il faut jouer le texte et non le chanter.

Qui chevauche si tard dans la nuit et le vent ?
C’est le père avec son enfant ;
Il serre le petit garçon dans ses bras,
Il le serre bien, il lui tient chaud.

« Mon fils, pourquoi caches-tu avec tant d’effroi ton visage ?
– Père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes ?
Le Roi des Aulnes avec sa traîne et sa couronne ?
– Mon fils, c’est un brouillard qui traîne.

– Viens, cher enfant, viens avec moi !
Nous jouerons ensemble à de si jolis jeux !
Maintes fleurs émaillées brillent sur la rive ;
Ma mère a maintes robes d’or.

– Mon père, mon père, et n’entends-tu pas,
Ce que le Roi des Aulnes me promet tout bas ?
– Sois calme, reste calme, mon enfant !
C’est le vent qui murmure dans les feuilles sèches.

– Veux-tu, gentil garçon, venir avec moi ?
Mes filles auront grand soin de toi ;
Mes filles mènent la danse nocturne.
Elles te berceront, elles t’endormiront, à leur danse, à leur chant.

– Mon père, mon père, et ne vois-tu pas là-bas
Les filles du Roi des Aulnes dans ce lieu sombre ?
– Mon fils, mon fils, je vois bien :
Ce sont les vieux saules qui paraissent si gris.

– Je t’aime, ta beauté me charme,
Et, si tu ne veux pas céder, j’userai de violence.
– Mon père, mon père, voilà qu’il me saisit !
Le roi des aulnes m’a fait mal ! »

Le père frémit, il presse son cheval,
Il tient dans ses bras l’enfant qui gémit ;
Il arrive à grand-peine à son port ;
Dans ses bras l’enfant était mort.