Poésie : la versification

La versification est l’ensemble des règles qui régissent les textes versifiés français.

Rappel : il existe des poèmes en prose ; du théâtre et des romans en vers.

Le vers est terminé par le retour à la ligne suivante. Le vers suivant commence par une majuscule.

Verres Le Picardie

1° Le compte des syllabes

A) Le « e » muet, en fin de mot

  • On le prononce s’il est suivi d’une consonne.

Ex : Il pleurE dans mon cœur
Pour obsèques, reçois mes larmE s (Z) et mes pleurs

  • On ne le prononce pas s’il est suivi d’une voyelle ou s’il est en fin de vers.

Ex : Demain, dès l’aub(e), à l’heur(e) blanchit la campagn(e).

B) Suite de voyelles

Quand dans une même syllabe, on trouve plusieurs voyelles qui se prononcent (la première étant un « i » ou un « u »), deux possibilités sont offertes :

  • La diérèse consiste à prononcer les voyelles séparément, on prononce donc deux syllabes.

Ex : Le vi/olon frémit comme un cœur qu’on afflige,

  • La synérèse consiste à unir dans une même syllabe ces deux voyelles. C’est la prononciation courante.

2° Le nom des vers

Le nom d’un vers dépend du nombre de syllabes qu’il comporte.

  • Un hexasyllabe est un vers de six syllabes.
  • Un octosyllabe est un vers de huit syllabes.
  • Un décasyllabe est un vers de dix syllabes.
  • Un alexandrin est un vers de douze syllabes, c’est le vers le plus employé.

Jusqu’au 19e siècle, les vers français sont le plus souvent pairs. On trouve rarement des vers de plus de douze syllabes.

3° Les rimes

  • Si les flèches (imaginaires) des rimes se croisent, on parle de rimes croisées.

Quel démon a doté la mer, rauque chanteuse      A
Qu’accompagne l’immense orgue des vents grondeurs, B
De cette fonction sublime de berceuse ?      A
La mer, la vaste mer, console nos labeurs !      B
Baudelaire

  • Si la rime A entoure de ses bras la rime B, on parle de rimes embrassées.

Je suis venu, calme orphelin,      A
Riche de mes seuls yeux tranquilles,  B
Vers les hommes des grandes villes : B
Ils ne m’ont pas trouvé malin.      A
Verlaine

  • Si les rimes se suivent, on parle de rimes suivies ou plates.

Malgré des feux si beau qui rompent ma colère      A
Je ferai mon possible à bien venger mon père      A
Mais malgré la rigueur d’un si cruel devoir      B
Mon unique souhait est de ne rien pouvoir      B
Corneille, Le Cid (théâtre)

4° Rythme

A) Césure et hémistiche

Dans les vers de plus de huit syllabes, il y a une pause nette vers le milieu du vers, appelée césure. Elle coupe le vers en deux hémistiches. La césure se situe après la sixième syllabe dans les alexandrins.

Les romantiques ont varié le rythme et ont utilisé régulièrement un rythme ternaire.

Ex : Empanaché / d’indépendanc(e) / et de franchis(e)
E. Rostand, Cyrano de Bergerac

Ce type de vers s’appelle le trimètre romantique, il existait cependant déjà chez les classiques.

Ex : Je veux sans que la mort ose me secourir
Toujours aimé, /toujours souffrir, / toujours mourir

Corneille, Suréna

B) L’enjambement

  • L’enjambement désigne les cas où unité grammaticale et unité métrique ne correspondent pas. Une phrase commence dans un vers et se termine dans le vers suivant.
  • Le rejet consiste à terminer en un ou deux mots, placés en début de vers, une phrase commencée au vers précédent.

C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
A. Rimbaud « Le dormeur du val »

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne.
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
V. Hugo

  • Le contre-rejet consiste au contraire à placer un ou deux mots à la fin d’un vers et à développer la phrase au vers suivant.

Le sommeil ruisselait de rêves et la nuit
Promettaient à l’aurore des regards confiants
P. Eluard

Retenez que rejet et contre-rejet sont utilisés pour produire le même effet : mettre certains mots en valeur.

Lire à la plage

Voici une liste de livres qui ne sont pas au programme de français du collège mais qui pourraient constituer des idées de lecture d’été, puisqu’elle est constituée de livres plus faciles et/ou plus contemporains que ce qui vous ait proposé habituellement en classe. N’hésitez pas à me faire part de vos suggestions de lecture.

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Musique et son au cinéma

En lien, ci-dessous la vidéo de Koko le Clown (1923) des frères Fleicher pour laquelle vous avez contribué à créer la bande-son d’Alexandre Barette, lors de son action éducative le vendredi 7 décembre.

Les expansions du nom : cours

1° Définition

Le nom et son déterminant forment le groupe nominal minimal. On appelle « expansion du nom » tous les mots qui l’enrichissent. Ces expansions font partie du groupe nominal. Elles peuvent le plus souvent être supprimées mais elles apportent des précisions utiles pour le sens de la phrase. Un nom peut avoir des plusieurs expansions de classes grammaticales et de fonctions différentes.

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Complément d’exposé : Othello

Othello partage avec Carmen le fait d’être un opéra (deux même, dans le cas d’Otello) tiré d’une oeuvre littéraire et de se terminer par la mort tragique de l’héroïne tuée par l’homme qui l’aime, dévoré par la jalousie.

Si l’intrigue de ces opéras vous intéresse, en voici une version par le rappeur Abd al Malik, plus moderne donc et beaucoup plus courte.